La société Macapunto, dont il est l’un des co-fondateurs, s’est lancée le défi de développer les ventes des machines à café à capsules en Asie. Cet amoureux du « petit noir bien serré » préparé à l’italienne évoque le potentiel d’un marché où les Starbucks et autres géants des chaînes de coffee shop règnent actuellement en maîtres.
Pourquoi un tel choix ?
La réponse est simple. établi en Asie depuis plus de 15 ans, j’ai toujours été attiré par le café et, déjà en 1998, j’envisageais d’ouvrir des « coffee corners », alors que les grands du café commençaient à tâtons et ne marchaient pas bien. Aujourd’hui, pléthore de marques sont installées en Asie et toutes les grandes chaînes spécialisées dans le café ont des enseignes un peu partout. Mais j’ai pu constater qu’il y avait une carence de café de qualité. Il est assez rare de trouver un café « premium » en Asie. La torréfaction est un art et peu sont experts en la matière, même en Italie. Nous avons donc, après de longues recherches et de nombreuses dégustations chez cinquante-trois torréfacteurs italiens, trouvé une perle rare : Punto Italia. Nous avons alors décidé de lancer un Arabica et un Robusta torréés à l’ancienne et confectionnés à base de grains de café sélectionnés avec grand soin au Brésil, en Colombie, au Costa Rica, au Venezuela, au Kenya, mais aussi au Viêt-nam, en Indonésie et, plus récemment, en Thaïlande.
Comment faire la difffférence sur un marché aussi concurrentiel ?
C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons aussi décidé de distribuer non seulement du bon café, mais aussi les machines automatiques qui vont avec, pour assurer aux consommateurs une constance de goût des produits servis. L’objectif est d’aider les professionnels, petits ou grands, à améliorer leur offre. Cette démarche nous a amené à sélectionner des machines de diverses origines, mais toujours équipées de processeurs et de pompes fabriquées en Allemagne ou en Italie, ce qui assure la qualité des machines. Et ce, que ce soit pour nos machines à café en grains ou celles à capsules. Nous avons aussi pour projet de lancer un caféboutique, dans le même esprit que les coffee shops, avec un large choix de cafés, chocolats, thés, viennoiseries, ainsi que des en-cas légers comme des sandwiches ou des salades. Cela nous permettra aussi d’utiliser cet espace comme showroom et point de vente pour nos machines. Dès 2012, nous envisageons également de développer un réseau de franchises.
Pourquoi parier sur ce genre de produit sur un continent si peu averti sur le café noir et la juste façon de le consommer ? Tout le challenge est là ! C’est pourquoi il a fallu dix bonnes années pour lancer le système des machines à capsules en Europe, où les gens sont pourtant déjà bien plus habitués à consommer du café qu’en Asie. Mais un marketing intense et percutant a suffi à faire décoller les ventes. On trouve aujourd’hui du café partout en supermarché et sous différentes formes. Sans compter le développement fulgurant des coffee shops. Je pense donc que l’Asie, toujours friande des succès occidentaux, tombera sous le charme des capsules à café en quelques années. Il n’ y a donc pas de temps à perdre et l’avance que nous avons prise sur ce marché en terme de qualité portera certainement ses fruits en nous donnant l’avantage sur le marché asiatique. D’autres points de distribution sont déjà en cours d’ouverture à Singapour, en Indonésie et en Birmanie. Et puis, contrairement à ce que l’on pourrait penser, la consommation de café ne cesse d’augmenter de jour en jour en Asie, à raison d’une croissance de 25 à 30% par an. En Thaïlande, la consommation moyenne est de 500 gr par an et par habitant. Les Européens, eux, en consomment en moyenne 8 kg par habitant. Les Finlandais se placent en tête du palmarès avec 14 kg. La marge de progression est donc importante.
Propos recueillis par OLIVIA CORRE

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